21 septembre 2018

Les cimetières de La Nouvelle-Orléans


La Nouvelle-Orléans, c’est bien connu, a le diable au corps, et sa réputation de ville où l’on ne dort pas n’est pas surfaite. Pourtant, elle compte son lot de gens endormis à jamais, et attire chaque année des visiteurs venus «danser sur les tombes» des plus impressionnants cimetières hors terre d’Amérique du Nord.

«Vous pouvez dire beaucoup de la population d’une ville à voir comment elle honore ses morts, disait un écrivain célèbre de passage à La Nouvelle-Orléans, et sans en avoir rencontré un seul habitant encore, je sais que j’aimerai celle-ci, car ses morts y sont traités comme nulle part ailleurs.»

On raconte le plus sérieusement du monde qu’à La Nouvelle-Orléans, au dix-huitième siècle, on redoutait les fortes pluies; car, après l’orage, on pouvait voir les cercueils des chers disparus flotter dans les rues inondées. L’explication – évidemment, il y en a une – est que la ville est située sous le niveau de la mer, et que la pluie, en s’infiltrant dans les tombes, délogeait les cercueils qui reprenaient le chemin de la ville.

Les habitants, afin de déjouer Mère Nature et de s’éviter un deuxième deuil, perçaient le bois de la bière. Ainsi, une fois glissée dans le trou, elle se remplissait d’eau et demeurait six pieds sous terre. On utilisait aussi des piliers de bois pour maintenir le cercueil en place. Mais ces techniques ne suffisaient pas toujours; c’est ainsi que l’on commença à élever les monuments et à «enterrer» les morts au-dessus de la terre, ce qui donna lieu à l’érection de pièces d’art. Désormais, on pouvait afficher devant tous, même dans la mort, son attachement au disparu certes, mais également sa (bonne) fortune.

Ainsi, plusieurs Néo-Orléanais, célèbres ou riches, reposent au sein d’oeuvres d’art érigées spécialement pour eux. Bien sûr, plus on avait d’argent et mieux on était connu du peuple, plus notre dernière demeure était monumentale. Ainsi, parmi les grandes histoires de La Nouvelle-Orléans, celle de Daniel Moriarty, marié à une femme beaucoup plus âgée que lui. Cet immigrant irlandais ayant fait fortune en Louisiane ne prêtait pas grande attention à son épouse. À sa mort toutefois (trente-six ans avant que lui-même ne meure), il fit ériger un monument qui est, encore aujourd’hui, le plus grand monument privé des États-Unis… Suspendues à quatre-vingt-cinq pieds du sol, quatre statues représentant les Grâces embrassent les environs du regard. On peut les apercevoir de la route 10, en s’approchant de La Nouvelle-Orléans. On peut aussi visiter le monument dans le cimetière Metairie.

Oeuvres d’art…
Quarante-deux cimetières pimentent le territoire de La Nouvelle-Orléans; quarante-deux cités des morts. Peu d’entre eux peuvent toutefois être visités, et ils se découvrent comme des musées. Le cimetière Louis #1 (il existe trois cimetières Louis) est probablement le plus intéressant et le plus accessible, puisque sis à la périphérie du Vieux-Carré français, et qu’on en propose l’exploration tous les jours.

Le dédale de monuments funéraires nous entraîne ici dans l’histoire même de la ville. Érigé à la fin du dix-huitième siècle, en 1789, le cimetière Louis #1 est le premier et le plus vieux des cimetières construits au-dessus de la terre. Ses immenses caveaux de béton blanc scintillent sous le soleil, et relèvent plus souvent de l’oeuvre d’art que du tombeau. Beaucoup sont ornés de dentelles de fer forgé artistiquement entrelacées, et agrémentés de statues évoquant une galerie de personnages tirés des racines respectives des morts. Ici sont enterrés Français, Espagnols, créoles, immigrants et esclaves, sans distinction. L’histoire métissée de la ville s’y trouve donc représentée. Le tout réjouit l’oeil de l’amateur d’art, et étanche la soif de mystère de l’amateur d’âmes…

Parmi les personnalités emmurées, de grands noms tels que Paul Morphy, le célèbre joueur d’échecs, et la grande reine du vaudou louisianais, Marie Laveau. Cette dernière reçoit toujours les hommages de ses ouailles, qui continuent à invoquer son nom. L’ambiance d’une visite sur les lieux prend parfois l’allure de messe noire, lorsque autour du caveau s’exécute un culte à la dame. Explorer ce cimetière est possible à l’occasion d’une tournée en groupe, dont le départ s’effectue au Café Beignet, en plein coeur du Vieux-Carré. On déconseille fortement la visite «autonome», car les voleurs choisissent souvent ces endroits pour accomplir leurs larcins.

https://voir.ca/voir-la-vie/sur-la-route/evasion/1999/10/20/les-cimetieres-de-la-nouvelle-orleans-viva-la-muerte/


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